Atelier : décoloniser nos rapports au vivant

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Décoloniser nos rapports au vivant

Atelier : décoloniser nos rapports au vivant

Date de début
Date de fin
Lieu
amphithéâtre

Cet atelier, qui en écho à l’exposition de Minia Biabiany « Pluie sur mer » au Centre d’art Le Grand Café à Saint-Nazaire, invite Myriam Mihindou, Aliocha Imhof, Dénètem Touam Bona, Fabiana Ex-Souza, à partager leurs réflexions, leurs pratiques, leurs concepts, et leurs engagements. Par leurs œuvres, par des espaces de création, par l’écriture et l’analyse, leurs travaux engagent l’esthétique en nourrissant de nouveaux régimes de vision et d’actions.

En collaboration avec le centre d’art le Grand Café, Saint-Nazaire dans le cadre de l’exposition « Pluie sur mer » de Minia Biabiany (du 8 octobre au 31 décembre 2022).
Dans le cadre du projet de recherche « Ateliers de Troubles épistémologiques » des Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire.

Programme :

 
  • 14H Accueil et présentation par @Emmanuelle Chérel et Sophie Legrandjacques
     
  • 14h15 Interventions de Myriam Mihindou, artiste
  • 15h Projection du film de Minia Biabiany, The lenght of my gaze at night, 2021, 8 min
  • 15H15 Conférence d’Aliocha Imhoff, Vers un cinéma multiperspectiviste
  • 16H Projection du film d’Ana Vaz, Amérika : Bahia de las Flechas, 2016, 8 min.
  • 16H15 Conférence de Dénètem Touam Bona, Art de la fugue & subversions afrodiasporiques
  • 17H Intervention de Fabiana Ex-Souza, artiste
  • 17H45- 19H Échanges avec le public

 

Biographies :

Fabiana Ex-Souza, née Fabiana De Souza à Belo Horizonte, artiste performeuse afro-brésilienne, vit à Paris depuis 2010. Elle développe une pratique transdisciplinaire, alliant la performance, la vidéo, l’installation et la photographie, particulièrement intéressée à l’emploi dans ses œuvres de matériaux issus du monde végétal. En 2014, attentive aux problématiques liées à la diaspora africaine, elle s’est donnée le droit, « par auto-décret poétique-politique, d’expurger son nom d’esclave », devenant ainsi Ex-Souza. Après ce moment fondateur, les processus de guérison, hérités de sa grand-mère amérindienne, deviennent pour elle un terrain d’étude et d’approfondissement pour déployer une pratique artistique liée à l’écologie du soin. Elle investit notamment la notion de « corps politique » pour mener une réflexion sur la réactualisation des archives, les réparations, la transmission et les processus de « transmutation » de ce que l’artiste appelle « des objets fantômes ».  Fabiana Ex-Souza termine actuellement un doctorat en Arts Visuels et Photographie à l’Université Paris-VIII dont le sujet porte sur l’esthétique décoloniale latino-américaine. Ses performances ont notamment été présentées à la Fondation Cartier (2015) au Musée national d’art moderne – Centre Pompidou (2016, 2019) et à la Maison de l’Amérique Latine (2018).Lauréate du prix « La Vie bonne », organisé par AWARE et le CNAP, pour le projet Plusieurs Manteaux to Bispo. https://fabiana-ex-souza.com 2019

 

Aliocha Imhoff est, en duo avec Kantuta Quirós, curateur, théoricien de l’art, cinéaste, co-fondateur de la plateforme curatoriale le peuple qui manque, créée en 2005 et basée à Paris. Docteur en esthétique, il est depuis 2021, maître de conférence à l’Université Paris VIII, département arts plastiques. Il est membre du comité de rédaction de la revue Multitudes. Il a publié Qui parle ? (pour les non-humains) (PUF, 2022, avec Kantuta Quirós), Les potentiels du temps (Manuella Editions, 2016, avec Kantuta Quirós et Camille de Toledo), codirigé Géoesthétique (Editions B42, 2014) et Histoires afropolitaines de l’art, Revue Multitudes 53-54 (2014).  Parmi ses derniers projets entre art et recherche : Le procès de la fiction (Nuit Blanche, 2017), Et que demandent-t-ils ? À y devenir quelque chose (Biennale de Lyon, 2019), A Debt of Times (Konsthall C, Stockholm, 2018), Une Constituante Migrante (Centre Pompidou, 2017), A Government of Times (Rebuild Foundation, Chicago, et Halle 14, Leipzig, 2016). http://aliocha.imhoff.free.fr/

 

Myriam Mihindou est née à Libreville d’une double culture franco-gabonaise, artiste pluridisciplinaire, elle s’intéresse aux « bleus de l’âme » et à l’imprégnation de nos territoires de vie.  Son engagement pour des causes environnementales et féministes, son attention pour le soin, se traduisent entre archives, totems et ex-voto. Les photographies, les broderies et les sculptures apparaissent comme les extensions matérielles d’actions éphémères. Les performances, pensées comme des rituels, sont des moments de mise à l’épreuve de son corps pour transcender un trauma, une violence, une blessure (No Sensibility, 2013). Lauréate du prix Aware Nouveau regard 2022, Myriam Mihindou est représentée par la galerie Muller à Paris, son travail a été montré dans de nombreuses expositions collectives, parmi lesquelles le Smithsonian National Museum of African Art, Washington (2014), le Mac-Val Vitry sur Seine, le CAPC de Bordeaux (2021). Ses performances les plus récentes ont été montrées à la biennale de Venise Palazzo Rossini (2017), au Centre George Pompidou (2019), au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg (2019) au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne (2019) pour « La vie bonne » (CNAP/Aware, 2020), et au CAPC Bordeaux (2021).

 

Dénètem Touam Bona, philosophe, dramaturge et artiste, questionne la mémoire de l’esclavage en la transposant dans une réalité contemporaine troublante de similitudes et collabore avec l’Institut du Tout-Monde. Dans son premier essai, Fugitif, où cours-tu ?, (PUF, 2016) à la fois carnet de voyage, enquête anthropologique et méditation philosophique, il s’intéresse à la question du marronnage, fugue de l’esclave qui refuse sa condition, et la met en lien avec la situation des réfugié.e.s et plus largement celle de tous ceux qui refusent la norme.  Sa collaboration avec les cinéastes Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval s’incarne en un film Fugitif, où cours-tu ? (1h20), une version épurée de L’héroïque lande (3h40), sort dans la collection «Lucarne ». Sagesse des lianes – Cosmopoétique du Refuge (texte publié en 2021) est un projet artistique singulier, aux multiples facettes. En 2021, il devient commissaire d’une exposition collective pour un projet autour de la figure de la liane au Centre International d'Art et du Paysage de l'île de Vassivière. Il travaille actuellement à Spectrographies : contes de l’île étoilée, une œuvre collaborative et transdisciplinaire destinée à s’inscrire de façon pérenne dans le Bois de sculptures du Centre d’Art de Vassivière. Ce projet de recherche-création conjugue performances, courts-métrages et production d’objets métalliques couplés à un dispositif de réalité virtuelle.

Minia Biabiany, Fabiana Ex-Souza, Aliocha Imhoff, Myriam Mihindou, Dénètem Touam Bona, Ana Vaz